
Philadelphie adopte Flavie
L'ESPOIR VENU DES USA
Un séjour ô combien fructueux. A Philadelphie, les parents de Flavie - née lésée cérébrale - ont reçu l'agrément des spécialistes de l'institut Doman...
Flavie est une petite fille sage ; coquette également.
Outre-Atlantique, elle n'a pas succombé au pop-corn, hamburger et autres
spécialités "culinaires" estampillées US, soucieuse
de garder la ligne et préserver ses acquis.
« En six mois de travail, Flavie s'est développée
neuf fois plus que lors des deux premières années ! »
confesse Gilles Doye au retour de Philadelphie, terre de liberté et
d'indépendance. Le symbole est fort, d'autant plus fort qu'il récompense
des jours et des mois de travail, offre un surplus de motivation à
Gilles et Pascal qui, depuis août 1997, entreprennent sans relâche
le (difficile) combat de la "renaissance"...
UNE JOURNEE POUR FAIRE SES «PREUVES»...
Flash-back ! En 97, Gilles Doye et Pascale Blin
refusent la solution de facilité qui consiste à confier leur
enfant à un centre "spécialisé" où l'on
ne voudrait même pas placer son pire ennemi (sic).
S'érige alors, dans le "home sweet home" de Garel, une grande
chaîne de solidarité dont les maillons ont pour nom amour, obstination
et dévouement ; chaque jour, fidèle aux préceptes du
professeur Glenn Doman, les parents de Flavie et des dizaines de bénévoles
s'activent à stimuler la petite fille aux yeux bleus. De patternings
en travaux d'éveil, les progrès sont manifestes et, chaque jour,
raccourcissent un peu plus les distances entre Garel et Philadelphie... première
oasis de cette longue traversée du désert.
« Mais pour prétendre au voyage aux Etats-Unis, il nous
fallait arguer d'un programme de qualité et d'un parfait respect des
séances de patterninq ! » évoque Gilles Doye qui,
fin juin, apprend la bonne nouvelle et reçoit le précieux sésame
: « Votre fille est admise à Philadelphie ! »
Branle-bas de combat à Garel ! Dans l'urgence, Gilles et Pascale bouclent
leurs valises et dénichent quatre billets d'avion à la valeur
inestimable, Cécile - la "nounou" fidèle - compostant
également son visa ; mais il est encore trop tôt pour crier victoire...
« Sur place, l'équipe médicale devait juger si Flavie
était lésée cérébrale ou non ! »
Sous le regard scrutateur et aiguisé des "espions" américains,
Flavie doit faire ses "preuves" ; en somme, réussir son examen
de passage pour pouvoir être agréée par l'Institut. «
Lors de la première journée, que nous appellerons journée
d'évaluation, elle a subi toute une série de tests : mesures
anthropologiques, réactions au bruit, étude des mouvements !
», "check-list" pointu mais indispensable pour
mériter l'écoute des médecins en place.
« Leur mode de fonctionnement est très professionnel ;
ils nous ont fait comprendre que le sujet était trop sérieux
pour que quiconque puisse perdre du temps. C'était à nous de
mériter leur aide ! » Elève appliquée
et consciencieuse, Flavie honore la confiance de ses parents, se meut avec
application dans une pièce "arc-en-ciel" : au siège
de Institut, séjournent en effet des enfants colombien, mexicain, canadien,
russe, japonais, australien et italien (*). Et en fin de journée tombe
le verdict : « Après étude approfondie du comportementale
l'enfant, les médecins nous ont annoncé la «bonne nouvelle»
: votre fille est lésée cérébrale ! »
La confidence pourrait faire grincer des dents et heurter les bonnes consciences
occidentales. Mais pour Gilles et Pascale, c'est le premier obstacle (de taille)
qui s'estompe. « Pour nous, cela signifiait que Flavie était
prise dans le programme intensif réservé, de par le monde, à
500 enfants ! » Soulagement et motivation décuplée...
LES PREMIERES LECTURES DE FLAVIE...
Reçue avec mention, Flavie doit désormais
se plier au programme édicté par les sommités médicales
de Philadelphie.
« En principe, on repart seuls pour travailler six mois. Mais
à tout moment, nous pouvons contacter notre "tuteur" américain
! » A distance, il veillera au bon déroulement du programme
et se tiendra informé des progrès de l'enfant qui précoce,
a déjà obtenu le droit de réduire ses séances
de patterninq : 15 par jour contre 24 au préalable. « En
plaçant initialement la barre très haut, nous avons pris de l'avance
! » Mais ce "bonus" dans la croissance de l'enfant
n'exonère pas ses parents et la vingtaine de bénévoles
du moindre laisser-aller : à raison de dix heures par jour, ils vont
devoir passer la vitesse supérieure puisque Flavie a décidé
d'apprendre la lecture et de se familiariser avec la langue de Molière
et de Cervantes.
« Manuellement, Flavie doit désormais s'astreindre à
60 descentes quotidiennes de toboggan et ramper sur 50 centimètres
; intellectuellement, elle va apprendre à déchiffrer les images
et à distinguer, par exemple, un éléphant d'un poisson
! » Au tableau noir, vont ainsi défiler plusieurs représentants
de la faune ; à charge pour Flavie d'apporter une réponse appropriée…
d'un simple mouvement de la tête. « Flavie dispose d'un
répertoire de 600 mots environ ; au bout de six mois, elle doit être
capable de faire des phrases de deux mots et d'en "aligner" 130
! » anticipe Pascale Blin, au risque de troubler le béotien
basique...
« En fait, tout dépend de la qualité et de la motivation
des parents pour aider l'enfant à s'en sortir ! » argue
Gilles Doye en écho. « Personnellement, le séjour
à Philadelphie nous a gonflés à bloc; c'est pourquoi
nous voulons tendre vers l'excellence physique, physiologique et intellectuelle
! » Amour, dévouement, persévérance
; c'est ainsi que Flavie deviendra grande...
A. Guillard
(*) En Italie, le programme et le voyage aux Etats-Unis sont entièrement pris en charge par le ministère de la Santé.
|
Prochain séjour en février ! Grâce à l'association
"Action Renaître" (700 adhérents aujourd'hui),
Gilles, Pascale, Flavie et Cécile ont pu se rendre aux
Etats-Unis ; sans bourse délier, le séjour s'élevant
à 45 000 francs (voyage, prestation médicales, frais
d'hébergement, de nourriture et d'interprète)... |
Reproduction des articles avec l'aimable autorisation des organes de presses concernés.