
Le combat pour Flavie
Un accouchement d'apparence banale qui tourne au cauchemar et c'est toute la vie d'une famille qui bascule. Agée de 28 mois Flavie présente de sérieuses lésions cérébrales. Contre l'avis des médecins des Cassandre et des "aquabonistes", parents et amis ont décidé de lutter contre la fatalité et de positiver. Ranger vos mouchoirs, car c'est plutôt une histoire exemplaire que nous allons vous conter là.
Le cheveu blond, des yeux d'un bleu ardent, Flavie, drapée dans une tenue Adidas du plus bel effet, a le minois d'une petite fille de son âge.
Mais la comparaison avec les standards de la croissance d'une enfant d'un peu plus de deux ans s'arrête là. Depuis qu'un jour funeste de 1995, l'accouchement de sa maman s'est avéré problématique, voire dramatique.
Le diagnostic est tombé : un manque d'oxygénation postnatal
a provoqué de graves lésions cérébrales. Irréversibles
à en croire les médecins : « On a fait le tour des
hôpitaux parisiens et on a fini par nous dire de placer Flavie dans
un centre et de faire un deuxième enfant... », raconte
Gilles Doye, le père.
Loin de plébisciter cette solution, qui n'a de facilité que
l'apparence, Gilles et Pascale Doye décident de passer outre les conseils
un rien cyniques du corps médical : « Flavie avait un potentiel,
elle voulait vivre... On a découvert qu'il y avait une méthode
pour traiter ce type de lésions aux Etats-Unis et on s'y est rapidement
intéressé. »
La France compte, environ 5 000 victimes de lésions cérébrales, dont une qui, par sa notoriété, pourrait ouvrir bien des portes : Emilie Papin, la fille du footballeur.
A la tête de l'association Neuf de Coeur, JPP partage son temps entre
quelques apparitions sous le maillot des Girondins de Bordeaux et les vol
d'Air France pour Philadelphie. C'est là qu'exerce, le professeur Glen
Doman, celui par qui l'espoir est arrivé : « Récemment,
grâce à Jean-Pierre Papin, on a rencontré son staff en
Italie. On a suivi un stage de formation intensif. »
Une véritable chaîne humaine
Au terme d'une cinquantaine d'heures, Gilles et
Pascale Doye ont reçu un diplôme, précieux sésame
dont raffolent les apôtres de "l'American way of life".
A charge pour eux de passer de la théorie à la pratique dans leur pavillon de Garel.
Une partie du salon a été aménagée en salle de kinésithérapie, tandis qu'une véritable chaîne humaine est venue prêter main forte à la famille Doye.
Soixante dix personnes, des amis, des voisins contactés par le bouche
à oreille, se sont présentés spontanément au lotissement
des "Boutons d'or" : « C'est une méthode très
contraignante. On fait travailler Flavie à raison de 10 à 12
heures par jour On va remonter les différents stades de développement
de l'enfant. Plus on en fait, plus elle a de chances de s'en sortir... »
Car la réalité est là, qui balaie les réticences des médecins, peu enclins à se laisser déposséder de leurs prérogatives par les parents.
Gilles, Pascal, et plus largement tous les acteurs impliqués dans cette
renaissance, croient fermement en la guérison : « Avec
la méthode américaine, Emilie Papin a fait plus de progrès
en un an qu'en cinq ans. Des cas de guérison complète existent.
On ne nous promet rien; on nous dit simplement qu'avec du travail et de la
patience, Flavie peut sortir de cette prison que constitue son corps »,
avance sa maman.
Après quelques mois, Flavie a gagné en mobilité, elle
commence à voir des ombres et à reconnaître les voix de
ses proches : « Notre première victoire, c'est qu'elle
ne souffre plus », lâche le papa.
La prochaine étape passe par les Etats-Unis. En avril prochain, Gilles et Pascale Doye enverront un dossier détaillé sur le programme appliqué et les progrès de Flavie. Forts de ces documents, les collaborateurs du professeur Doman décideront ou non de leur fixer un rendez-vous à Philadelphie.
Difficile, la voie de la guérison nécessite également
des moyens financiers. Suivre le programme "made in Philadelphie"
équivaut à trouver un budget de 100 000 F par an.
D'où la création de l'association "Action Renaître"
actuellement placés sous l'aile protectrice de la Jeanne d'Arc d'Evreux.
Dans les semaines à venir, plusieurs animations sont programmées, parmi lesquelles un match de basket féminin entre l'E.A.C et La Roche-sur-Yon, ou encore un défilé de mode concocté par le Lions club.
Au delà de l'aspect pécuniaire, "Action Renaître"
se propose également de conseiller les parents confrontés avec
cette maladie.
A force de conviction et de volonté, ils insufflent une énergie
dont bon nombre de "bien portants" sont dépourvus.
E. Théron
Pour tout renseignement ou soutien financier, contactez "Action Renaître" au centre social de la Jeanne d'Arc, 37 bis, rue Saint-Germain, 27000 Evreux. Tel. 02 32 33 05 14.
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