
Suivie par l'institut Doman à Philadelphie
Les progrès de Flavie
La famille Doye a pris un abonnement sur la ligne Paris-Philadelphie. Flavie, victime de lésions cérébrales depuis sa naissance, âgée aujourd'hui de trois ans et demi, est de retour après son deuxième voyage outre-Atlantique. Une escapade qui a permis aux spécialistes de l'institut Doman de mesurer ses progrès et à ses parents de faire le plein d'énergie.
Gilles et Pascale Doye ont fait une croix sur leur
salon. Au fur et à mesure des progrès de Flavie, leur home sweet
home se résume à la portion congrue.
Au canapé familial, déployé jusqu'à notre dernière
visite l'été dernier, a succédé un plan incliné
qui n'incite guère aux soirées télé. Le couple
n'a d'ailleurs pas une minute à consacrer à Poivre d'Arvor,
Guillaume Durand ou... Richard Lhote. « Flavie travaille 11 heures
30 par jour, sans compter les cinq repas quotidiens », relate
Gilles, un prof de gym qui ne se sépare jamais de son survêtement
flocké à la gloire d'une grande marque.
Et ce n'est pas le second voyage de la famille à Philadelphie, lieu
de résidence de Glen Doman, spécialiste mondiale des lésions
cérébrales, qui risque de freiner les ardeurs de GiIles et Pascale
: « Lors de notre premier contact avec les Américains,
Flavie avait vingt-huit mois et un âge neurologique d'un mois et demi. En
un an, son âge neurologique est passé à seize mois,
se félicite le papa. Elle était partout dans le rouge. Aujourd'hui
elle n'est plus aveugle. Grâce à son regard, on sait qu'elle est capable
de lire. Elle n'a plus de médicaments à, prendre contre les
convulsions. »
De retour des Etats-Unis avec des chiffres qui attestent d'une, amélioration
certaine. Flavie et ses parents vont devoir adopter un programme revu et corrigé
: « Le but est d'améliorer sa respiration. Actuellement,
nous faisons des exercices spécifiques à raison de trois fois
une heure. D'ici à la fin du mois, nous aurons une machine qui fonctionnera
toute la nuit pour que Flavie ait une capacité respiratoire normale.
L'aspect respiratoire est primordial pour l'alimentation, le sommeil, la voix...
»
Pour mener à bien le triptyque de Flavie - intellectuel, physiologique
et physique - la famille peut compter sur une trentaine de mains, des amis
ou des voisins qui viennent payer de leur personne.
Mais la route qui mène. à la "renaissance" est encore
longue et semée d'embûches. Entre deux voyages synonymes de bouffées
d'oxygène, Gilles et Pascale passent par tous les, états d'âmes
: « On voit une lumière au loin, sans savoir exactement
où se situe le bout du tunnel. Glen Doman nous a dit de regarder régulièrement
derrière nous pour voir le chemin parcouru. Cela nous aide à
tenir... »
Cap sur l'Italie
Aux tracas du quotidien, s'ajoutent les soucis bassement matériels. Le voyage outre-Atlantique coûte 40 000 francs : « Il faut compter un budget annuel de 120 à 130 000 francs. On doit faire cinq voyages en deux ans », calcule Gilles Doye. Et Pascale d'ajouter : « De nombreuses familles arrêtent, le programme à cause de l'argent. » A Evreux, la chaîne de solidarité qui s'est nouée l'an passé autour de la cause de la famille Doye n'a pas perdu un maillon. Au printemps, une compétition d'athlétisme, "Courir pour la vie", sera mise sur pied pour financer les prochains voyages. Sur leur agenda Gilles et Pascale ont déjà coché la semaine du 6 au 13 juillet, date à laquelle ils rallieront Fauglia (Italie), une ville toscane où le staff américain a ses habitudes estivales. Une infidélité provisoire à Philadelphie. Avec, au retour, un nouveau programme qui risque de restreindre plus encore l'espace vital de la famille. Reste la cuisine peut-être...
E.T
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