Paris Normandie - 16 mars 1998

Oh les mains pour Flavie : la chaîne humaine bien soudée

Les maillons de la chaîne humaine qui s'est mise en place autour de Flavie, lésée cérébrale de 28 mois, se sont retrouvés samedi soir. Solidarité pouvant être synonyme de fête.

Les mains se sont serrées, avant de saisir couteaux et fourchettes pour partager un bon repas et de se nouer à nouveau pour faire la fête... Ces mains qui constituent les maillons d'une chaîne humaine constituée autour de la petite Flavie (voir notre édition du jeudi 5 mars) se sont retrouvées pour la première fois samedi soir, dans une soirée joliment baptisée Oh les mains.
Ces quatre-vingts voisins, collègues, amis... se relaient chaque jour dans une maison du Plessis-Grohan, pour permettre aux parents de cette belle enfant de 28 mois de la garder à la maison. Flavie est lésée cérébrale. Son cerveau, normal à l'instant de la naissance, a été abîmé par une attaque extérieure postnatale, un manque d'oxygénation pour son cas. Les médecins, après l'avoir gardée à l'hôpital plusieurs mois, avaient conseillé à Gilles Doye et Pascale Blin, tous deux enseignants à Evreux, de la placer dans un centre et de penser à faire un autre enfant.

Le bricoleur, l'étudiant et la cuisinière...

« Ce jour-là, nous avons décidé de sauver Flavie, » expliquait son père. Ceux qui le suivent dans ce combat sont de plus en plus nombreux. Il y a parmi eux une famille entière, mobilisée par le fils aîné, Pierre, 20 ans, ancien élève de Gilles Doye au lycée Saint-François. « J'ai fait du water-polo avec Gilles. Je connais Flavie depuis qu'elle est née, » explique-t-il. En IUT de technique de commercialisation à Sceaux (92), il a également entraîné trois étudiantes dans une recherche de sponsors, dans le cadre de ses études. Ce sapeur-pompier volontaire d'Evreux file aussi au supermarché pour approvisionner des couches, rédige sur son ordinateur les explications à donner à propos du processus adopté, dessins à la clé...
Sa maman, Lucette, 56 ans, vient tous les vendredis et prépare compotes et purées de légumes. Le père, Michel, kinésithérapeute, a apporté son savoir. Quant au second fils, Vincent, il donne un coup de main le week-end, surtout le dimanche, où il y a moins de monde. « C'est pour aider Flavie à progresser » expliquent-ils tout simplement.
Pascal, 49 ans, de Serquigny, est le bricoleur. « Nous sommes des amis de longue date de ses grands parents, rencontrés en vacances au camping de Courseulles. Comme je suis menuisier, j'ai construit un plan incliné, le toboggan qui permet à Flavie de grimper... Je viens d'ailleurs de le rallonger cet après midi. »
Des voisins qui ne connaissaient pas particulièrement le couple étaient aussi là samedi soir. « Nous donnons deux heures et demie par semaine à Flavie, pour participer au programme. » indiquent Claude et Claire. Un magnifique élan de solidarité.

M. Gd.

Bientôt un match de basket

Toutes ces mains sont regroupées au sein d'une association, Action renaître, créée à Evreux en septembre. Son objectif est de trouver des fonds pour permettre aux parents de Flavie de suivre une formation à Philadelphie, sur la méthode Doman, promulguée en France par le footballeur Jean-Pierre Papin, dont la fille souffre des mêmes symptômes que Flavie.
Très simple, la technique consiste à évaluer le degrés de lésion. Ensuite, la répétition d'exercices très simples toute la journée et sept jours sur sept, le patterning, permet d'arriver au stade supérieur, en stimulant les parties du corps pour agir sur le cerveau. A raison de trois voyages aux Etats-Unis, la méthode reviendrait au minimum à 100.000 F par an. Hier dimanche, un défilé de mode était organisé par le Lion's club. Le samedi 28 mars, les supporteurs sont attendus nombreux à la salle omnisports pour un match de basket. L'entrée sera gratuite, mais une tombola va être organisé au profit de Flavie. Le club féminin de l'EAC (Evreux athletic club), entraîné à une époque par Gille Doye, rencontrera l'équipe de la Roche-sur-Yon, leader en nationale 2.

Dons à adresser à Action Renaître,
centre social de la Jeanne d'Arc,
37 bis, rue Saint-Germain
tél. 02.32.33.05.14.

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