Paris Normandie - 24 août 1998

L'espoir renaît pour Flavie de retour des Etats-Unis

Grâce à une formidable chaîne de solidarité, Flavie, une enfant lésée cérébrale, a pu suivre il y a quelques jours, un stage aux Etats-Unis. Ses parents se trouvent renforcés dans leur volonté de se battre.

Espoir, un mot de six lettres comme le prénom de Flavie, bientôt 3 ans et lésée cérébrale. Même si la partie est loin d'être gagnée, dans le pavillon de Gilles Doye et Pascale Blin, à Garel, le moral gagne du terrain, tout comme l'évolution favorable de
la petite pour qui une chaîne humaine s'est créée il y a un peu plus de six mois. Une solidarité sans laquelle. le déplacement aux Etats-Unis, dans un institut qui applique la méthode du dr Doman, n'aurait pas été possible.
De retour de Philadelphie, où Flavie a effectué un stage d'une semaine en compagnie de ses parents et de sa nounou, le couple d'enseignants se sent encore renforcé dans sa volonté de se battre, alors qu'en France, il ne leur était donné aucun espoir - comme d'ailleurs, au footballeur Jean-Pierre Papin, dont la fille paraissait elle-aussi condamnée à une existence de légume. Or aujourd'hui, Emilie, 8 ans, revît.
Après deux premières journée consacrées à l'acclimation, Flavie a été examinée à l'institut où la méthode du Dr Doman est appliquée. « On s'est retrouvé, en fin de journée dans un grand bureau à l'américaine avec des spécialistes qui nous ont confirmé que notre fille faisait bien partie de la famille des lésées cérébrales. »
« On va pouvoir faire quelque chose pour elle », nous a-t-il été annoncé. Cela a presque été un soulagement. « On se reprend à espérer. Nous nous sommes retrouvés pendant ces quelques jours avec une seule famille française et six autres parents originaires du Mexique, Canada, Japon, de Colombie, Russie et d'Australie. L'institut s'est intéressé à notre démarche, et à tout ce qui l'entoure, mais il ne manque pas, hélas de demandes à travers le monde. Ce n'est absolument pas une question d'argent puisque c'est une fondation à but non lucratifs. »

Une nécessité de résultats

« D'ici à six mois, date de notre prochaine visite, ajoute le couple, nous avons une nécessité de résultats, que nous communiquons d'ailleurs régulièrement. Depuis notre retour, nous avons déjà reçu deux fax en provenance des Etats-Unis ».
Des résultats, aujourd'hui conséquents si l'on sait qu'en l'espace de six mois, l'âge neurologique de Flavie s'est trouvé multiplié par 9. « Il y a encore un mois, elle était aveugle. Aujourd'hui elle réagit aux différents jeux de simulation que nous lui proposons chaque jour. Elle réussit aussi à ramper sur son plan incliné ». Des exercices multipliés plusieurs fois par jour et guidés par la maman. Là maison de Flavie, ne désemplit pas ou presque pendant toute la journée ; aux parents se succèdent aussi une quarantaine de personnes pour le patterning. « Il y en avait 80, il y a encore quelques semaines. C'est aussi un signe d'encouragement par rapport au comportement de Flavie [...]. C'est vrai que cet élan de solidarité au quotidien nous aide bien. »

F.L.

Une association de plus de 700 adhérents

La maladie de Flavie a suscité depuis plus de six mois un vaste élan de générosité, à Evreux et dans sa proche région. Celui-ci a permis à travers plusieurs opérations (journée sportive, tombola, match de basket) et dons des particuliers de dégager des fonds pour permettre le déplacement aux Etats-Unis.
L'association Action Renaître présidée par le grand-père de Flavie compte aujourd'hui plus de 700 adhérents. « Cette formation à Philadelphie, nous n'aurions pas pu la suivre, sans cette aide financière reconnaît Gilles Doye. Notre prochain déplacement en février prochain est déjà assuré financièrement. On ne remerciera jamais assez tous ceux qui ont participé, à quelque niveau que ce soit à cette chaîne humaine. Il est normal qu'elle soit tenue informé régulièrement. Le combat continue. »

Action renaître, centre social la Jeanne d'Arc, tél 02-32-33-05-14, fax, 02-32-62-44-27.

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