
La victoire de Flavie contre le handicap
Depuis un an, Pascale Blin et Gilles Doye mettent en pratique, pour leur fille qui souffre d'une lésion cérébrale, le programme de soins d'un institut américain. L'enfant progresse.
Flavie Doye, trois ans et demi, rentre de Philadelphie
avec trois victoires. C'est ainsi que les spécialistes de l'Institut
américain pour la réalisation du potentiel humain nomment les
progrès, quantifiés et contrôlés, des enfants souffrant
d'une lésion cérébrale.
La petite fille de Garel, un hameau du Plessis-Grohan, au développement
neurologique retardé depuis la naissance, est aujourd'hui en mesure
de voir, de lire des groupes de mots, et n'est plus condamnée à
un traitement médicamenteux lourd. Trois victoires sur le handicap,
trois grandes réussites, qui attestent d'un réel développement.
Jusqu'à l'âge de deux ans et demi, en effet, Flavie était
aveugle et souffrait de graves problèmes respiratoires, ainsi que d'allergies.
« En un an, Son âge neurologique a évolué
de quatorze mois et demi. Flavie a progressé mieux qu'un enfant normal
! » constate Gilles Doye, son papa, les larmes aux yeux.
Un tel résultat a réclamé des efforts de chaque instant.
Une trentaine de personnes se relaient aujourd'hui aux côtés
de l'enfant pour aider ses parents, Gilles Doye et Pascal Blin, ainsi que
la nounou, Cécile Doizé, à appliquer le programme de
stimulations établit par l'institut américain. «
Flavie travaille onze heures trente chaque jour» , explique
le papa. « Sans compter les repas. »
Une route semée d'embûches
Mais à force d'efforts, l'enfant pourrait
un jour, rattraper le retard des premiers mois. « L'institut »
, explique Pascale, « fonde ses programmes sur l'idée que
les enfants souffrant de lésions cérébrales peuvent être
guéris. Et il se donne cette guérison pour but »
Cependant, Pascale et Gilles n'osent encore penser à ce jour où,
peut-être, le développement de leur fille se fera seul, naturellement.
Car jusque-là, la route est semée d'embûches. «
30% des familles qui participent au premier stage de l'institut américain
poursuivent » , explique Gilles Doye. « 5 à
6% seulement vont jusqu'au programme intensif » Difficile de
rester dans la course, en effet. « Il faut avoir le moral à
toute épreuve » , reconnait le papa. « Etre
solidaire dans le couple Et bien entourés. »
Mais il faut aussi beaucoup d'argent. Chaque stage aux Etats-Unis, pour la famille et sa nounou, revient à 40.000F. Sans compter le coût du matériel de stimulation qu'il
faut acquérir ensuite. « En France, explique Pascale Blin,
l'Institut pour la réalisation du potentiel humain n'est pas reconnu.
Par conséquent l'organisme n'a pas de succursale ici. Et les frais
ne sont pas pris en charge. » Heureusement, nombreux sont ceux
qui se sont, un jour ou l'autre mobilisés pour Flavie. En juin prochain,
une manifestation sportive sera organisée par les clubs sportifs de
la région : une grande course qui se terminera au stade Jean-Bouin,
à Evreux.
Brigitte Chaumereuil
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